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Axa Wealth Services : “Escape game” pour une embauche

Spécialisée dans les contrats d’assurance-vie haut de gamme, la filiale d’Axa basée à Mérignac innove dans son recrutement en organisant des escape games. Une manière de révéler les qualités des candidats in situ.

Jennifer WUNSCH - 13 novembre 2019
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Comment pallier au manque de candidats et trouver des talents innovants qui cadrent avec les valeurs d’une jeune entreprise ? C’est la rencontre avec quatre étudiantes de l’ESG Bordeaux qui va donner la réponse à Axa Wealth Services (AWS), filiale d’Axa créée en 2015, spécialisée dans les contrats d’assurance-vie haut de gamme : en organisant un escape game ! Aussi originale qu’inattendue, cette méthode a séduit la direction des ressources humaines d’AWS : « c’est un moyen de recrutement différent qui permet d’attirer des talents différents », assure Séverine Lenoir, directrice adjointe d’AWS, implanté à Mérignac depuis 2016. 

Comment ça marche ? Les candidats sont d’abord sélectionnés sur CV. Mais nul besoin d’être diplômé d’une école de commerce ou en finance : AWS se charge de la formation des nouvelles recrues. Ils passent ensuite un premier entretien téléphonique durant lequel « on teste leur motivation, leur curiosité, leur proactivité », énumère Séverine Lenoir. Puis, soit on leur propose de participer à un escape game (s’il y en a un prévu dans les deux semaines suivantes), soit de passer un entretien classique. Pour Séverine Lenoir, « ceux qui décident de venir mettent déjà un pied dans l’entreprise, car ils adhèrent au concept et aux valeurs agiles et innovantes d’AWS ». Antoine Scheuber, qui a participé au premier escape game proposé par AWS en juillet dernier, a tout de suite été attiré par le concept : « cela m’a rendu très curieux et m’a donné l’impression d’une entreprise jeune et dynamique », confie le jeune homme de 25 ans, qui a été recruté au service clients à l’issue du jeu.

Conçu conjointement avec la DRH d’AWS et les étudiantes en commerce, le jeu consiste à résoudre une énigme : une personne menace la centrale nucléaire du Blayais, les candidats ont une heure pour la retrouver grâce à une série d’indices disséminés dans la salle. Travail en équipe, sens du collectif et de la coopération, compétences relationnelles ou encore sens du service, autonomie et initiative, cette simulation « est un moyen d’observer les qualités du candidat mis en situation », soutient Séverine Lenoir. Du point de vue des participants, « cela permet de montrer ses qualités sans le stress de l’entretien », affirme Antoine Scheuber. Malgré tout, « la méthode est assez déstabilisante, notamment pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’escape game », note Antoine Scheuber, « car la mise en situation est plutôt rapide ».

Briser la glace

Et s’il est déjà arrivé que cela ne fonctionne pas avec un candidat recruté par escape game – « cela arrive aussi avec les méthodes de recrutement plus classiques », rappelle Séverine Lenoir -, dans l’ensemble, l’entreprise apprécie le concept : « En réunion de débriefing post-jeu, la discussion s’instaure, cela brise la glace », constate Luc Mas, secrétaire général d’AWS. Pour les candidats, c’est une façon de très vite « créer des liens avec des collègues avec lesquels on va travailler ensuite », assure Antoine Scheuber. En dépit d’une organisation « assez lourde » et d’un processus toujours « en mode test and learn », AWS, qui prévoit de recruter 70 personnes en 2020 au service clients, au service digital, et sur ses métiers techniques et financiers, compte bien continuer dans cette direction. Une nouvelle promotion de recrues arrivera d’ailleurs dans l’entreprise à l’issue du 4e escape game organisé le 12 novembre.