Actu Nouvelle-Aquitaine

Bien vivre le télétravail

Coach, architecte d’intérieur, diététicienne, éducateur sportif… Quatre professionnels landais dessinent leur kit de survie pour un télétravail (presque) serein. Et si cette période constituait aussi une opportunité de prendre conscience de l’essentiel ?

Nelly BETAILLE - 15 avril 2020
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L’HEURE DE L’INSTROSPECTION

HélènaRENUCCI, coach de vie personnelle et professionnelle à Saint-Paul-lès-Dax 

« Coachi coacha », c’est le nom du coaching gratuit en visioconférence que s’apprêtent à lancer quatre professionnelles certifiées, à Paris, en Île-de-France et dans les Landes. « Un peu de bonne humeur dans cette période compliquée nous semblait essentiel », résume Héléna Renucci, coach de vie professionnelle et personnelle à Saint-Paul-lès-Dax. Bien sûr, il y a d’abord quelques principes simples à adopter pour garder le moral : conserver le même rythme que quand on va travailler, ne pas se coucher ni se lever trop tard. Élaborer chaque soir une to-do-list pour le lendemain en fixant des plages horaires que l’on respecte dans la mesure du possible. Avec les enfants, réserver des temps de jeu et de partage, tout en définissant le cadre en précisant la tranche horaire au cours de laquelle on doit travailler et ne pas être dérangé…

« Pour rester dans un contexte positif, il est essentiel de conserver le contact visuel avec ses proches et ses collègues, via Facetime ou Skype. Il faut profiter de cette période pour se recentrer sur soi, son activité, dans une vision de long terme. Pourquoi ne pas profiter de cette période pour travailler sur ces projets que, pris dans le tourbillon du quotidien, on avait longtemps reportés ? », suggère-t-elle. L’occasion aussi de faire le point sur ce qui nous convient et ce que l’on aimerait changer dans notre vie, se concentrer sur des choses vraiment importantes pour nous. En profiter pour renouer avec ses passions. Au final, cette phase de confinement pourrait bien présenter de nouvelles opportunités.

« Certes, nous n’avons pas la maîtrise sur le virus et l’idée de perdre le contrôle peut susciter l’angoisse. Mais nous gardons le contrôle sur notre propre responsabilité : se protéger et protéger les autres, sur la bienveillance, la solidarité. » Et de prendre pour exemple ceux qui, chaque soir à 20 h, applaudissent les soignants ou d’autres qui donnent des cours de Pilates depuis leur balcon… « Il s’agit d’un petit geste qui remonte le moral, qui permet de se sentir faire partie d’un tout. C’est aussi une forme de reconnexion. Un lien se recrée d’une façon différente de la routine quotidienne. Il faut rester focalisé dessus pour passer la période ».
https://lacléducoaching.fr

PLEINS FEUX SUR LE BUREAU

Emmanuelle PATTE, architecte d’intérieur à Mont-de-Marsan

Les conditions idéales pour travailler chez soi ? « Il n’existe pas de règle d’or, à chacun ses besoins. Il faut d’abord savoir s’écouter et recréer son univers », suggère Emmanuelle Patte, architecte d’intérieur à Mont-de-Marsan. En clair, ceux qui ont besoin d’un espace zen déplaceront les objets qui les perturbent pour faire place nette, les autres rétabliront rapidement le désordre plus ou moins étudié qui règne habituellement sur leur poste de travail. Un environnement serein, sans pollution sonore, facilite néanmoins la concentration. Une pièce sombre peut générer plus rapidement la fatigue. « Il vaut donc mieux privilégier une pièce baignée de lumière, s’installer face à une baie vitrée ou dans une pièce qui propose une large vision pour que l’œil ne butte pas sur un mur. Sinon autant s’enfermer dans un placard », sourit-elle. « En effet, il y a la raison et le ressenti. Dans la mesure où on reste en position statique pendant plusieurs heures, il est préférable d’éviter les pièces grises, privilégier ici ou là les touches de couleurs. » Le rouge, le jaune et l’orange boostent quand la démotivation gagne du terrain. Le violet et le bleu marine ont plutôt tendance à apaiser… Et, il se pourrait que nous en ayons tous rapidement besoin. 
www.emmanuelle-patte-architectedinterieur.fr

ÉVITER FRINGALES ET COUPS DE POMPE

Marina FRELICH, diététicienne-nutritionniste à Capbreton

À l’heure de la pause, compte tenu du stress ambiant, du sentiment de solitude qui gagne du terrain, on se laisserait bien tenter par la tablette de chocolat qui nous fait de l’œil. Halte-là ! « Il ne faut pas confondre collation et grignotage », prévient Marina Frelich, diététicienne-nutritionniste, à Capbreton. « Le grignotage, c’est quand on mange n’importe quoi quand c’est trop tard. La collation est une prise alimentaire structurée qui anticipe l’apparition de la faim et qui s’inscrit dans l’équilibre alimentaire de la journée. » Pour éviter les coups de pompe et les fringales, la professionnelle conseille d’organiser des prises alimentaires toutes les six heures. On démarre la journée par un petit-déjeuner riche en protéines et en graisses, pauvre en sucres qui déclencheraient le besoin et l’envie de sucre toute la journée. On oublie les croissants et on n’en rajoute pas sur les jus de fruits, le pain ou les céréales. On pense à boire de l’eau non minéralisée entre les repas. Pour le déjeuner, on prend le temps de cuisiner un repas complet, associant les glucides (féculents, pain aux céréales) sources d’énergie, les légumes riches en fibres, les protéines (viande, œufs, poisson) et les graisses. « C’est la combinaison de ces différents éléments qui donnent le sentiment de satiété, régule la glycémie dans le sang. » Et le soir même formule en plus léger si l’on souhaite entrer dans les maillots de bain de l’été pour des vacances bien méritées.
https://www.facebook.com/dieteticienneCapbreton

INTENSIFIER LES MOUVEMENTS DU QUOTIDIEN

Clément MARRON, éducateur sportif, Natural Spirit CrossFit à Seignosse

Sans être forcément très sportifs, nous voilà un rien paniqués à l’idée de rester rivés à notre écran sans bouger… Phénomène inédit, depuis l’interdiction de courir au-delà du pâté de maisons, l’envie nous démange de rechausser ces vieux baskets relégués au fond d’un placard depuis bien longtemps. Et si on commençait tout simplement par amplifier les mouvements du quotidien ? Le pack de bouteilles d’eau qu’on soulève, celui de lait que l’on range dans le placard haut perché, les clés tombées sur le sol que l’on ramasse en s’accroupissant et en se relevant avant de les ramener derrière la tête, en veillant toujours à garder la bonne posture… « Il suffit d’ajouter du volume en répétant plusieurs fois ces mouvements », suggère Clément Marron, éducateur sportif, responsable de la salle de sport Natural Spirit CrossFit à Seignosse. La meilleure solution pour se dépenser intensément ? Jouer avec ses enfants qui ne demandent qu’à décompresser après les trois heures obligatoires de devoirs par jour. « Ceux qui suivent un entraînement sportif régulier continueront à bouger à la même heure pour préserver leur rythme de vie. » Pour conserver ses partenaires de jeu, on peut aussi rejoindre les pages Facebook « spécial confinement » créées pour l’occasion. 
www.facebook.com/NaturalSpiritCrossFit