Actu Nouvelle-Aquitaine

Conjoncture : La région résiste

Au 2nd semestre 2019, le secteur des services marchands parvient à tirer l’économie régionale vers le haut, malgré les déboires du secteur industriel et une conjoncture internationale difficile.

Jennifer WUNSCH - 2 octobre 2019
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Malgré des perspectives pour le second semestre 2019 moins bonnes qu’envisagées en début d’année, l’économie néo-aquitaine parvient à résister, dans un climat mondial très incertain. Selon l’enquête de la Banque de France (1), le secteur des services marchands se porte très bien, entraînant dans son sillage le reste de l’économie. On note même un fort regain dans certaines filières, comme l’informatique et l’information ; mais aussi l’activité d’ingénierie, juridique, architecture, comptabilité, intérim, qui a révisé ses perspectives de croissance à 9,2 % au lieu des 5,3 % escomptés en début d’année. Un dynamisme confirmé par la tendance positive du climat des affaires en Nouvelle-Aquitaine, supérieure au niveau national, « qui traduit l’attractivité de la région », estime Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France Nouvelle-Aquitaine.

Néanmoins, l’économie régionale est freinée par le secteur de l’industrie, qui a largement abaissé ses prévisions de croissance, avec une augmentation des chiffres d’affaires se limitant à 2 % au lieu des 4,4 % attendus. La branche la plus touchée est celle du matériel de transport, qui prévoit une baisse de chiffre d’affaires de 0,7 %. En cause, la filière automobile, qui subit de plein fouet des restructurations, fermetures de sites et ruptures technologiques. Une baisse compensée par les autres segments du matériel de transport (aéronautique et construction de bateaux de plaisance) qui, eux, se maintiennent. On attend également une forte baisse des exportations d’équipements électroniques ou électriques, dont les prévisions de croissance sont inférieures de 2 points à celles du début d’année, en raison de la conjoncture internationale et des craintes de protectionnisme. Même tendance dans le secteur de l’industrie agroalimentaire, dont la filière viande et la branche avicole subissent une mutation des habitudes de consommation. Mais compensée par un maintien de la filière boisson. De manière générale, « l’ensemble de l’industrie souffre d’un problème lié à l’attractivité du secteur », souligne Denis Lauretou. De plus, il existe une inadéquation de formation entre la demande et l’offre d’emplois. Conséquence, « certaines entreprises ne sont pas en capacité de répondre aux commandes, faute de profils adaptés, ce qui freine leur développement », constate Denis Lauretou. Un problème qui concerne également le secteur de la construction, qui retrouve malgré tout son dynamisme après la prudence du début d’année : il révise sa prévision de croissance de 1,5 % à 3,1 %.

COMMERCE TRÈS IMPACTÉ PAR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

Le secteur du commerce est quant à lui en repli, selon le Baromètre éco des Chambres de Commerce et d’Industrie de Nouvelle-Aquitaine (2). Si le commerce de détail alimentaire est en croissance et le commerce de gros stable, le commerce de détail non-alimentaire, lui, est dans une position critique, très impacté par l’effet Gilets jaunes. Les prochains challenges pour l’économie néo-aquitaine sont de parvenir à attirer, puis à stabiliser les effectifs dans le secteur de l’ingénierie, notamment. Et garder son dynamisme et la confiance de ses chefs d’entreprises, malgré les nuages qui s’amoncellent sur l’économie mondiale. Car même si la baisse des exportations est amortie grâce au marché intérieur, il faudra faire face au risque d’augmentation des prix de l’énergie (après les attaques d’installations pétrolières saoudiennes) ; aux effets du Brexit ; au relèvement éventuel des tarifs douaniers ; et à la conjoncture économique mondiale…

(1) L’étude de conjoncture en Nouvelle-Aquitaine de la Banque de France a été réalisée en juillet 2019 auprès de 950 entreprises ou établissements représentant 150 000 emplois.

(2) L’enquête de conjoncture des CCI de Nouvelle-Aquitaine repose sur un solde d’opinions des dirigeants d’environ 3 816 entreprises de moyenne et petite taille recueillies entre le 24 juin et le 9 juillet 2019.