Actu Nouvelle-Aquitaine

La préfète fait sa rentrée

La préfète de la Région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde Fabienne Buccio a notamment abordé divers dossiers économiques lors de sa conférence de presse de rentrée le 24 septembre dernier.

Nathalie VALLEZ - 2 octobre 2019
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C’est une double casquette qu’arbore Fabienne Buccio, préfète de la Gironde et de la Région Nouvelle-Aquitaine. C’est donc à ces deux pôles que s’adressait sa communication lors de sa conférence de presse de rentrée. D’emblée, la préfète est allée sur le terrain de l’attractivité : la plus grande région de France est dynamique mais connaît de grosses disparités. Ainsi, son taux de chômage de 8 % (contre 8,2 % au plan national) atteint les 9 % en Charente-Maritime et en Dordogne. On compte 11% de créations d’entreprises en plus sur le premier trimestre 2019, et 3,5 % de missions et emplois des jeunes en plus. Mais le nombre de créations d’emplois est en berne en Creuse et en Corrèze. L’attractivité est bien réelle pour la région qui devrait accueillir 550 000 personnes en plus d’ici 10 ans, à l’horizon 2030. La Gironde a, pour elle seule, accueilli 18 000 nouveaux arrivants en 2018. Mais ce sont toujours les grands centres urbains qui attirent, non pas les espaces ruraux. La préfecture a donc monté des groupes de travail en Gironde pour relancer l’emploi agricole. « Il faut faire du sur mesure pour permettre la fluidité », a commenté Fabienne Buccio. Concernant les stratégies d’aménagement, ce sont 800 hectares qui sont urbanisés chaque année pour la seule Gironde : conserver des espaces verts demeure donc important selon elle.  

L’EAU AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS

Tous les sujets étant liés, la préfète a également abordé la question de la qualité de vie à travers une gestion cohérente de l’eau. La Nouvelle-Aquitaine étant la première région agricole de France, cette question est cruciale. D’autant plus, que le risque de déficit pourrait être multiplié par 6 dans les années qui viennent. Question qualité, le problème est aussi réel avec seulement 1/3 des ressources en eau potable. Face à cette difficulté, Fabienne Buccio a relevé que de nombreux captages en eau se font sur des zones agricoles. Son groupe de travail préconise donc d’encourager financièrement (et non d’astreindre) ces agriculteurs à passer au bio. Les actions de l’Etat dans ce domaine peuvent avoir de vraies répercussions. En 10 ans, a relevé la préfète « 60 % des pesticides ont été supprimés ». Des disparités se retrouvent également dans ces ressources et Fabienne Buccio a recommandé de partager équitablement l’eau d’un territoire à l’autre. Elle a aussi pris l’exemple de bassines de captage dans le département des Deux-Sèvres, qui a su renouveler ses réseaux d’eau potable pour mieux gérer la qualité et les épisodes de sécheresse. 

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE AMBITIEUX

C’est un aménagement du territoire ambitieux mais raisonné que préconise la préfète. La mobilité demeurant un des principaux enjeux, aussi est-elle revenue sur les infrastructures routières.
92 millions d’euros ont été alloués par l’Etat pour le passage à la 2×3 voies sur la rocade bordelaise qui sera achevée d’ici 2022. L’étude est terminée pour l’aménagement de la RN147 (Limoges-Poitiers) et en attente d’une décision politique. L’Etat a entièrement financé le 2×2 voies sur la RN10 qui a été inaugurée en juillet 2019. D’autre part, 28 millions d’euros ont été investis par l’Etat pour la rénovation du réseau ferroviaire entre Libourne et Bergerac, opérationnel ce 30 septembre. Enfin, la préfète est revenue sur un dossier explosif, celui du barrage de Caussade (Lot-et-Garonne) construit dans l’illégalité. Elle n’a pas caché que son avenir reste incertain, tiraillé entre décisions politiques et l’action coercitive de la FNE (France Nature Environnement), alors que Fabienne Buccio reste adepte de la concertation, comme elle l’a montré tout au long de sa communication.