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Labastide-Orliac : Nouveau chai d’exception

Catherine et Isabelle Orliac, les 2 sœurs qui exploitent en depuis une dizaine d’années les 10 hectares de vignes du Château Labastide-Orliac à Clermont-Soubiran, ont réalisé un gros investissement dans un nouveau chai. Objectif : améliorer la production qui progresse notamment à l’export en Asie.

Chantal Bossy - 27 août 2019
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Depuis le XVIIIe siècle, les vins du château sont commercialisés à la Cour de Versailles et même au-delà du Royaume de France. Aujourd’hui, Royal Héritage, le Vin du Roy, a reçu la médaille d’argent au Grand Tasting Wine Awards 2019 à Hong-Kong. À Shanghai, lors du dernier Salon Grand Tasting en juin dernier, il a conquis les Chinois qui entendent très bientôt visiter le vignoble et le chai. Actuellement, 60 % des ventes se font en Chine et en Angleterre. L’année 2019 voit aussi le marché japonais s’ouvrir aux vins du château Labastide-Orliac recommandés par l’une des meilleures références professionnelles, le guide  Bettane et Desseauve, où la cuvée prestige « Royal Héritage » obtient la note de 16,5 sur 20.

18 NOUVELLES CUVES

C’est d’ailleurs sur les conseils de Michel Bettane que les deux sœurs ont investi dans un nouveau chai (investissement équivalent au double du chiffre d’affaires annuel) « afin de pouvoir encore mieux maîtriser une vinification parcellaire permettant d’amplifier la typicité du terroir et les caractères des cuvées ». Œnologue dans le sang et copropriétaire du château familial, Isabelle Orliac explique que ces 18 nouvelles cuves en ciment ont une forme qui permet de retenir le chapeau de marc immergé dans le jus pendant la fermentation. Chaque cuverie est adaptée à la taille d’une parcelle. Un assemblage complet est possible. Leur couleur bleue répond à deux critères : « La première est que notre AOC Brulhois est produit dans la région du pastel, plante qui donne la couleur bleu de Lectoure. C’est dans ce bleu de pastel qu’étaient teints les manteaux de cour des rois de France jusqu’à l’apparition de l’indigo qui a détrôné le pastel. Ensuite, et c’est un grand avantage pour le vigneron, le bleu est une couleur répulsive pour les mouches, moucherons, moustiques », souligne-t-elle. Leur philosophie, « un vin d’opinion et de conviction » s’inscrit dans une vision de la viticulture très pionnière. L’on pourrait nommer cette approche « un retour à la terre » c’est-à-dire à une approche raisonnée et non bio de la viticulture. « Nous travaillons sur une terre vivante. Nous recherchons un équilibre et misons sur l’agroforesterie. » Au cours des dernières années, le domaine a modifié ses méthodes d’exploitation afin de mieux prendre en compte les défis liés à la biodiversité, à l’appauvrissement des terres et au réchauffement climatique. Les rangées d’arbres et d’arbustes plantées (400) au milieu des vignes retiennent l’eau dévalant des coteaux, favorisant une biodiversité naturelle. Des nichoirs ont été installés pour les chauves-souris dévoreuses des vers nuisibles car provoquant une pourriture de la grappe. « Nous avons aussi engagé un processus sur le travail des sols visant à éliminer les désherbants, notamment avec la mise au point pour les vendanges de nouveaux robots à intelligence artificielle, et paradoxalement avec le retour du cheval dans les rangs de vigne. »