Economie

Les Français se jettent à l’eau

Avec près de 2,5 millions de piscines, le marché français poursuit sa progression. Entre bassins en kit, construction artisanale et rénovation, tous les professionnels y trouvent leur compte.

Nelly BETAILLE - 9 août 2019
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Les Français accros à la piscine ? Situé au 2e rang mondial, selon la Fédération des professionnels du secteur, le marché hexagonal a progressé de 7 % en volume en 2018 avec plus de 114 000 bassins installés, après une explosion de 30 % du chiffre d’affaires entre 2014 et 2017 pour atteindre 2 milliards d’euros. « La piscine se porte bien, même si l’activité reste saisonnière et météo-sensible et si dans nos magasins aucune journée ne ressemble à une autre », observe Cédric Giraud. Le directeur général adjoint de Cash Piscines (100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 390 salariés) s’attend néanmoins à une année 2019 exceptionnelle. Le groupe, créé à Mérignac en 2000 par 5 professionnels du secteur, sur le créneau de la vente de matériel de piscines prêtes à monter, hors sol ou enterrées, connaît une progression fulgurante. Surfant sur la démocratisation des bassins, il prévoit l’ouverture de 12 nouveaux points de vente sur la France et sur l’île de la Réunion en 2019, avec 50 recrutements à la clé en magasins et sur son siège girondin d’ici 2020. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il envisage de doubler son activité d’ici cinq ans avec l’ouverture de 12 magasins par an jusqu’en 2024, notamment dans le nord de la France et en Espagne, et le développement de son site marchand. 

PLUS PETITE MAIS MIEUX ÉQUIPÉE

Même vague de fond chez Guillaume Piquet, 32 ans, qui a fondé Lynéo Piscines (500 000 euros de chiffre d’affaires en 2018, 5 salariés), à Saint-Vincent-de-Tyrosse en 2011. « L’équipement de la maison a le vent en poupe et le premier projet, c’est la piscine », confirme l’artisan, meilleur ouvrier de France en 2015 et prix Star et Métiers en 2018 pour son système constructif de piscines en béton armé préfabriqué. S’il continue à construire des piscines de nage de 25 mètres, le pisciniste landais note, comme le groupe girondin, une tendance à la réduction des surfaces pour s’adapter à la dimension des terrains. Terminé les formes alambiquées, elles sont désormais quasi-invariablement carrées ou rectangulaires pour mieux se doter de volets roulants de sécurité et s’harmoniser avec la tendance architecturale de maisons cubiques. « La piscine destinée au bien-être est souvent beaucoup mieux équipée », pointe-t-il. Chauffée, dotée de systèmes de nettoyage et de traitement automatiques, de système de nage à contre-courant, de jets massant ou de bains à bulles, elle déborde d’idées. « Et l’évolution des équipements va désormais porter sur la domotique qui permet déjà de gérer l’entretien à distance », prédit-il.

EXPANSION DU MARCHÉ DE LA RÉNOVATION

Une facilité d’entretien et des options qui séduisent aussi les détenteurs de kits standards ou de piscines plus anciennes. « Compte tenu de la corrosion par l’eau et les produits, une piscine moyenne gamme résiste entre 10 et 15 ans, une haut-de-gamme entre 20 et 30 ans. » Porté par le vieillissement du parc (900 000 piscines ont plus de 10 ans) et la règlementation en matière de sécurité, le marché de la rénovation auquel l’artisan consacre 40 % de son activité, est en train d’émerger. Modernisation des équipements, révision du revêtement et de l’étanchéité, réglage des différents problèmes de fuites sur la canalisation, mais aussi réfection de la terrasse… tout y passe. La prestation, désormais renommée « pool staging », devrait s’avérer fructueuse pour le secteur.