Economie

Les invendus ont de la valeur

Créée en 2013 à l’Agropole d’Agen par 2 anciens cadres, Comerso est une entreprise unique engagée dans la lutte contre le gaspillage, faisant le lien entre la grande distribution et les associations. Les explications de Pierre-Yves Pasquier, PDG cofondateur de Comerso.

Chantal BOSSY - 1 juillet 2019
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La Vie Economique : Comment avez-vous reçu l’annonce d’Édouard Philippe sur l’interdiction de la destruction des produits non-alimentaires invendus d’ici 2023 ?

Pierre-Yves Pasquier : « Avec 10 millions de tonnes de nourriture gaspillées en France chaque année, 200 millions de personnes pourraient être nourries dans le monde. Depuis 2013, Comerso est une société engagée dans la lutte contre toutes les formes de gaspillage. La société accompagne les entreprises (industriels, grande distribution…) dans leur démarche de valorisation de leurs invendus et des déchets via des solutions numériques et logistiques. Elle les aide ainsi à devenir des entreprises « Zéro-Déchet ». L’enjeu en France est colossal : les invendus non alimentaires sont estimés à 800 millions d’euros par an. Pour faire bouger les choses, l’évolution du dispositif légal devrait donc accélérer cette transition. Parallèlement à cela, les acteurs de terrain comme Comerso jouent un rôle clef en proposant des solutions pragmatiques et clef en mains aux entreprises. »

LVE : Quelle est la solution de Comerso ? 

P-Y. P. : « Comerso apporte une solution globale aux entreprises, se composant d’une suite d’outils numériques et logistiques. En 2013, nous avons démarré notre activité avec notre solution CDon, qui a permis aux associations de récupérer l’équivalent de 15 millions de repas et de sauver 7 500 tonnes de marchandises des poubelles. Comerso coache et accompagne en parallèle sur le terrain les équipes des magasins dans leur gestion quotidienne des invendus. Depuis, nous avons étendu notre portefeuille de solutions. Nous avons lancé notamment il y a 2 ans CStick, une solution qui optimise le stickage promotionnel des produits en dates courtes.  CStats est une plateforme numérique qui permet d’assurer un pilotage statistique de l’activité.  La solution CValo, quant à elle, permet en bout de chaîne de valoriser les déchets résiduels via la mise en place de nouvelles filières circulaires vertueuses (animale, méthanisation, compost). Enfin, dernière-née des solutions Comerso : Cdestock, une solution qui permet de connecter les industriels à un réseau large d’acheteurs pour déstocker en toute simplicité et sécurité les marchandises qui leur restent sur les bras, dues à des commandes à gros volume non honorées, du matériel non conforme (rayures…). »

LVE : Quelle est la force de Comerso ?

P-Y. P. :« Comerso a su construire un modèle win-win. Les associations bénéficient de plus de marchandises et de meilleure qualité. Les entreprises améliorent leur image, font des économies de traitement de leurs déchets, réduisent leurs impôts, améliorent leur impact environnemental et leur utilité sociale à l’échelle locale. Et nous, nous avons créé plus de 100 emplois partout en France ! L’objectif est d’accompagner les entreprises à optimiser la valorisation de leurs invendus et déchets tout au long du cycle de vie des produits avec des solutions numériques et logistiques permettant de sécuriser la collecte et la redistribution des marchandises alimentaires et non alimentaires. »

Comerso a 600 clients (E.Leclerc, Carrefour, Système U, Intemarché, Leader Price, etc.) et un réseau de récepteurs de plus de 1 000 partenaires, dont une majorité d’associations caritatives (Les Restos du Cœur, Secours Populaire Français, Banques Alimentaires …)